Le Burkina Faso reconnaît l’efficacité de méthodes de conservation de l’eau au regard de la lutte contre la sécheresse

2012-05-30

L’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), bénéficiaire d’une subvention du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), a récemment reçu la visite du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, et d’autres distingués invités dans le cadre des festivités entourant la 15Journée nationale du paysan. Le président a ainsi pu rencontrer l’équipe de recherche soutenue par le CRDI.

Le président et d’autres fonctionnaires comptaient également parmi les personnes qui ont assisté à un exposé du chef de l’équipe de recherche, le professeur Hamma Yacouba, qui a parlé des bienfaits des méthodes de conservation de l’eau que lui et ses collègues mettent à l’essai. Leur projet vise à aider les agriculteurs à composer avec la sécheresse qui sévit à Kongoussi, dans la province du Bam, et à Guiè, dans la province de l’Oubritenga. Il s’agit de l’un des sept projets financés grâce à l’
Initiative Centres africains de recherche sur l’adaptation (CARA), qui s’inscrit elle-même dans l’engagement pris par le gouvernement du Canada de fournir un apport de financement accéléré pour la lutte contre les changements climatiques. Pilotée par le programme Changements climatiques et eau du CRDI, l’Initiative CARA est dotée de 10 millions CAD.

2iE aménage des bassins de rétention peu coûteux adjacents aux terres d’exploitants agricoles afin d’y recueillir l’eau de pluie et les eaux de ruissellement, lesquelles peuvent ensuite servir à irriguer les cultures pendant les périodes sèches, de plus en plus fréquentes et de plus en plus imprévisibles.

Baisse de la pluviosité et augmentation des risques de sécheresse

Depuis les années 1970, le Sahel affiche un important déclin dans les précipitations et une variabilité accrue de l’avènement de la saison des pluies.

Les Burkinabais sont donc confrontés à des périodes sèches de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues attribuables aux changements climatiques. Et puisqu’ils privilégient largement des systèmes d’exploitation agricoles pluviaux, les périodes sèches minent la croissance des cultures, car il n’y a pas d’autres sources d’approvisionnement en eau.

Grâce aux bassins de rétention, l’eau est maintenant disponible toute l’année durant, ce qui permet d’accroître les rendements des cultures. En outre, 2iE offre à 200 fermiers une formation sur la façon d’accéder à de meilleures données météorologiques, ce qui pourra les aider à planifier leurs cultures et à gérer l’irrigation de leurs terres.

Si les chercheurs s’efforcent d’analyser la valeur que revêt l’investissement dans ces méthodes pour ce qui est d’aider les collectivités à s’adapter aux changements climatiques, les agriculteurs, eux, en constatent déjà les bienfaits.

Kané Mahamadou, un agriculteur de la province du Bam, a pu observer le succès obtenu grâce aux bassins aménagés par 2iE dans un village voisin dans le cadre d’un projet pilote : il est maintenant convaincu de la nécessité du stockage de l’eau. La saison précédente s’est avérée particulièrement difficile, et dans son village, peu d’agriculteurs ont été en mesure de répondre aux besoins de leur famille. Inspirés par les efforts d’adaptation aux changements climatiques déployés par leurs voisins, M. Mahamadou et ses concitoyens se sont donné pour objectif collectif de construire leurs propres bassins.

Le succès du projet a également suscité l’admiration du gouvernement du Burkina Faso. À la suite de la visite du président, le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique a annoncé que le projet serait repris et que 1 000 agriculteurs additionnels y participeraient.

Photo : 2iE
Le chef du projet, Hamma Yacouba (à gauche, de dos), explique les bienfaits du stockage de l’eau au président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, ainsi qu’à d’autres fonctionnaires.
 
Cet article présente les résultats d’un projet de recherche soutenu par le CRDI intitulé Irrigation et information climatique au Burkina Faso.

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